La révolution russe / The Paper Revolution

À l’occasion du centenaire de la révolution de 1917, l’Art and Design Atomium Museum (ADAM), jouxtant l’Atomium à Bruxelles, accueille une exposition coorganisée par le musée du design de Moscou.

Au cours de sa première décennie, la Russie soviétique, qui était alors un jeune État révolutionnaire, avait besoin de son propre langage visuel. Un nouveau mouvement artistique naquit de cette dynamique et fut baptisé constructivisme.

Des affiches ainsi que des couvertures de magazine et de livre devinrent le principal outil de propagande du nouveau régime politique. Les artistes constructivistes déclarèrent la fin de l’art traditionnel et proclamèrent le début d’une nouvelle ère.

Au sein de la société, les bouleversements politiques côtoyèrent les bouleversements esthétiques qui agitèrent la sphère artistique jusqu’aux années 1930. L’objectif de la révolution constructiviste était de changer le rôle de l’artiste afin de faire de lui un créateur du nouveau monde matérialiste, un constructeur de nouvelles choses.

Toutefois, les consommateurs n’étaient pas préparés au mobilier, aux équipements domestiques ni aux vêtements minimalistes. Personne ne voulait payer pour une forme d’art constituée d’objets du quotidien. La révolution esthétique ne vécut donc pratiquement que sur le papier.


Le design graphique devient, dès lors, le seul domaine où les designers pouvaient mettre en oeuvre leurs idées innovantes, en créant des couvertures de livre et de magazine ainsi que des affiches. Le design graphique créé par des artistes constructivistes dépeignait et traduisait leur époque et leurs aspirations. Ce type d’art devint le principal moyen d’expression des artistes qui rêvaient de conquérir le monde matériel mais qui n’y parvinrent que sur papier.

©ADAM, Brussels Design Museum