Etienne de Fleurieu

Etienne de Fleurieu est un artiste français né à Athènes en 1977. Il est diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il a également étudié à l’École des beaux-arts du Viêt Nam à Hanoï, et crée un programme d’échange entre les deux écoles. Il vit et travaille entre Paris et Bruxelles.

Au travers des multiples matériaux qu’il explore, un même fil rouge parcourt l’œuvre d’Etienne de Fleurieu ; le questionnement autour du temps, de la liberté et du corps. La vidéo se mue en œuvre graphique, avec l’un des premiers travaux de l’artiste qui filmait le ciel durant des heures, pour ensuite en découper les enregistrements de film 8 millimètres en bandes,  les coller et les assembler en tableaux.

Dans son travail de sculpture Crystallization of Touch, réalisé en bronze à cire perdue, il moule des morceaux de corps, des détails de mains posés sur des cœurs, plus proches de l’écorce que de la peau humaine. Cette réflexion et cet intérêt porté à l’organique, au toucher, ne sont pas sans rappeler le travail de l’éminent artiste de l’Arte Povera, Guiseppe Penone, dont Etienne de Fleurieu fut l’élève.

Etienne de Fleurieu, Hide and Seek, 2008, dessin, stylo à encre et crayon papier

Etienne de Fleurieu, Hide and Seek, 2008, dessin, stylo à encre et crayon papier

Qu’il s’agisse du creux de sa main qu’il moule de l’intérieur ou de l’impact des tirs de chevrotine sur la finesse du papier, le travail d’Etienne de Fleurieu évoque la trace, l’empreinte, d’un corps ou d’une action.

Les tirs d’Etienne de Fleurieu ne sont pas ceux de Nikki de Saint Phalle, ils ne répandent pas la couleur, ils n’invitent pas à faire saigner la peinture. Très loin d’une violence faite à la peinture, ils évoquent plutôt un ciel étoilé et relèvent d’une correspondance entre la musique, les astres et l’infini. Troué par les impacts aléatoires des tirs de chevrotine, l’impact se mue en note de musique et la feuille devient une partition musicale.

L’artiste qui avait réalisé des travaux autour du papillon, dont il évoquait le pouvoir évocateur du rêve, en a aussi extrait la capacité de transformation, de mutation. En ce sens, Shotgun Symphonie cristallise l’essence de ses travaux précédents ; le ciel, la transformation, l’empreinte et le corps de l’artiste en action.

En 2002, lauréat du prix Jeunes créateurs LVMH il a été étudiant boursier à Hunter College à New York. Du 16 septembre au 22 octobre, il fait l’objet d’une exposition, Résonances, à la Galerie du Jour, 44 rue Quincampoix, 75004 Paris.