Une brève histoire du design italien #1

Des siècles précédents, marqués par une intense production artisanale et par un formidable savoir faire, va naître un début de vingtième siècle riche en propositions artistiques. Du « Liberty » au design industriel, en passant par le Novecento, les artistes italiens expérimentent et posent les bases de ce qui deviendra le design italien.

C’est durant la période allant de 1900 à 1945 que le style du design italien a vu le jour. L’influence de l’Art Nouveau, que s’approprie l’Italie sous le nom de « Liberty », se ressent dans les créations de Bugatti, qui reprennent les codes de ce dernier avec l’utilisation de courbes et de motifs végétaux. Les arts décoratifs et les arts appliqués ne sont plus des domaines étanches l’un à l’autre, les liens entre les deux se multiplient.
A ce mariage va s’ajouter celui de l’artisanat et de l’industrie. Une importante croissance économique et l’industrialisation marquante du début de siècle va encourager de nouvelles formes de création, dont les leitmotiv ont changé. L’exposition universelle de Milan de 1906 révèle une volonté italienne de faire de l’industrie un outil capable de répondre aux besoins et réalités d’une classe ouvrière émergente sur le marché de la consommation.

Frederico Tesio (1869-1954), Bureau et Fauteuil, 1898 Chêne marqueté d’ébène © Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand palais / Patrice Schmidt

Frederico Tesio (1869-1954), Bureau et Fauteuil, 1898 Chêne marqueté d’ébène © Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand palais / Patrice Schmidt

Le célèbre Manifeste du futurisme, rédigé par son éminent représentant Filippo Tommasi Marinetti, publié en 1909 fait l’apologie du mouvement et de la modernité. Les usines y sont glorifiées, les productions industrielles célébrées pour leur beauté. Les artistes y prônent une volonté de faire tabula rasa du passé, d’une rupture totale avec la tradition.

Manifeste du Futurisme publié le 20 février 1909 dans le Figaro

Manifeste du Futurisme publié le 20 février 1909 dans le Figaro

En réaction au futurisme, de nombreux artistes appellentà un retour à la tradition et à la création d’un classicisme moderne. L’année de l’arrivée de Mussolini au pouvoir est aussi celle où naît le Novecento italiano qui reprend ce souhait d’un dialogue avec le passé. Ce courant devient l’art officieldu régime fasciste.

Salle à manger créée par Gio Ponti et exposée à la III Mostra Internazionale delle Arti Decorative de Monza en 1927 » [archive], sur Regione Lombardia – Università degli Studi di Pavia

Salle à manger créée par Gio Ponti et exposée à la III Mostra Internazionale delle Arti Decorative de Monza en 1927 » [archive], sur Regione Lombardia – Università degli Studi di Pavia

En 1928, Gio Ponti, architecte et designer italien crée la revue Domus et développe en parallèle à son activité d’architecte, une production d’objets d’art et mobilier dont la chaise Supperleggera conçue pour Cassina en 1955. Travaillant de prime abord un mobilier de style néo classique, il s’en éloigne avec cette oeuvre notamment, en prônant finalement un caractère sobre et fonctionnel du design.