L’Ecole de Paris / Du voyage d’étude à l’immigration

Des artistes étrangers au siècle des avant-gardes

Le terme d’Ecole de Paris fait référence à un groupe d’artistes français et émigrés ayant bénéficié, surtout entre les deux guerres, de la liberté artistique parisienne.

A l’époque, Paris représentait un désir de liberté qui se caractérisait sous plusieurs formes : la liberté politique, une ambiance économique prospère, la facilité de pouvoir fréquenter les grands maîtres de l’art moderne, Picasso, Braque, Rouault, Matisse, Léger et un contexte riche de galeries d’art, critiques et collectionneurs agissant en mécènes des artistes.

Picasso sur une table de la Rotonde, Paris

Picasso sur une table de la Rotonde, Paris

D'un point de vue purement chronologique, l'Ecole de Paris s'étend du début du XXe siècle jusque dans les années 1960 avec trois vagues. La première école va de 1900 à 1920, la deuxième couvre l'entre-deux-guerres et la dernière désigne l'après-deuxième Guerre mondiale.

Henri Valensi, Mariage des palmiers, 1921

Henri Valensi, Mariage des palmiers, 1921

Grâce aux expositions universelles qui l'ont consacrée Ville Lumière, Paris représentait le premier foyer culturel et intellectuel mondial. L'esprit de liberté était très recherché par les peintres, les sculpteurs, mais aussi des poètes, des musiciens ou des photographes. Le noyau dur de la première école s'installe à Montmartre et était constitué de l'emblématique Pablo Picasso, mais aussi de Braque, Modigliani, Kees van Dongen, Chagall ou encore Léonard Foujita.

Tsuguharu Foujita, Femmes a la mantille, 1953

Tsuguharu Foujita, Femmes a la mantille, 1953

La Première Guerre mondiale est responsable de la dispersion de certains d'entre eux et de l'engagement volontaire d'autres dans l'armée française. Louis Marcoussis, ami d'Apollinaire, sera décoré.

Louis Marcoussis, Paysage de Kerity, 1927

Louis Marcoussis, Paysage de Kerity, 1927

Par la suite, Montparnasse remplace Montmartre et les trois principaux cafés de l'Ecole de Paris sont le Dôme, la Rotonde et la Coupole. La deuxième vague est fascinée par Montparnasse et l'Entre-deux-guerres connaît donc l'arrivée d'autres artistes (Poliakoff, Mané-Katz ou Garbell) et voit l'émergence de nouvelles tendances stylistiques, telle l'abstraction, ainsi que l'importance de la couleur en peinture.

Serge Poliakoff, Composition verte, 1966

Serge Poliakoff, Composition verte, 1966

La nouvelle Ecole de Paris rassemble des artistes à l'esthétique bien différent, mais réunis autour d'une forme d'art proche de l'abstraction pure dans les années où le régime nazi refusait le modernisme de l'art, considéré comme art dégénéré. Il s'agira des peintres comme Jean Bazaine, Jean Le Moal, Edouard Pignon ou Maurice Estève.

Pour voir les chefs d'oeuvre de l'art moderne, rendez-vous à l'exposition 21 rue La Boétie au Musée Maillol, jusqu'au 23 juillet 2017.